30.09.2014

Les 10 erreurs à ne pas commettre quand on débute en photographie culinaire.

30.09.2014

Les 10 erreurs à ne pas commettre quand on débute en photographie culinaire.

C’est avec un grand plaisir que je reviens sur ce blog durant tout le mois de novembre à travers 4 nouveaux articles sur la photographie culinaire. Et pour commencer ce mois ensemble, j’ai trouvé intéressant de vous proposer un article “premiers pas” en énumérant 10 erreurs à éviter et que l’on commet souvent lorsqu’on commence à photographier ses petits plats. Certains points vous sembleront sûrement évidents mais je retrouve ces erreurs si souvent que je ne peux pas ne pas les citer.

1- Photographier le soir à la lumière d’une lampe.
Vous le savez la lumière est notre matière première, elle peut tout simplement changer la beauté d’une photo du tout au tout. Une erreur que je rencontre très souvent en flânant sur Internet et que j’ai moi-même commise, c’est de photographier le soir, lorsqu’il fait nuit et d’allumer les lumières de la pièce pour éclairer son plat. Votre photo sera à tous les coups ratée pour plusieurs raisons : couleurs jaunâtres, ombres marquées, pas de relief… Bref, à ne surtout pas faire.
De la même manière, oubliez le flash de votre appareil photo. Rien de tel pour aplatir l’image et lui donner un effet “spot”.
La meilleure solution est de photographier en pleine journée dans une pièce lumineuse, éclairée naturellement. Si vous ne connaissez pas encore le bon emplacement chez vous, déplacez-vous avec votre plat et voyez comment la lumière va interagir. Évitez également le plein soleil qui ne convient pas non plus car ses rayons sont trop puissants et trop chaleureux. J’y reviendrai plus en détail dans un prochain article.

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Ci-dessus, le même plat photographié à des horaires différents. À gauche, c’est durant la soirée que j’ai pris cette photo. J’ai allumé la lumière de ma cuisine. Voyez comme l’ambiance est jaunie, la scène manque de lumière, les ombres sont marquées. À droite, la photo a été prise plus tôt, à la lumière du jour. Laquelle des deux vous met le plus en appétit ?

2- Se précipiter.

Photographier dans la précipitation, parce que votre mari, votre femme, vos enfants attendent pour manger ou parce que vous avez faim, ne va pas vous aider à bien photographier. Vous allez bâcler votre mise en scène et votre cadrage. Prenez le temps ! Photographier bien avant le repas, dans la matinée ou en pleine après-midi, si la lumière le permet. Ainsi, vous serez concentré et les bonnes idées vous viendront plus facilement. La photo culinaire doit être  une activité à part entière au même titre que la photographie de paysage, le portrait, ou tout autre domaine photographique que vous appréciez habituellement.

3- Utiliser une grande profondeur de champ.

On a tendance à vouloir fermer le diaphragme pour obtenir une photo complètement nette. Mais il n’est pas nécessaire de mettre tout votre plat dans la zone de netteté de mise au point. Laissez une part d’imagination à votre spectateur, il saura deviner les éléments plongés dans le flou, tandis qu’il s’attardera sur l’élément net de la photo.

J’utilise personnellement une courte profondeur de champ avec des ouvertures allant de f/1.6 à f/2.8 (mes préférences vont sur les ouvertures f/1.8 et f/2.5) pour apporter de la douceur et donner un côté rêveur / magique à mes images. Sans pour autant aller dans les extrêmes comme je le fais, vous pouvez choisir une profondeur de champ intermédiaire: entre f/3.5 et f/5.2. Au-delà, si tous les éléments de la scène sont nets, le regard va s’éparpiller oubliant finalement le sujet principal qu’est le plat.

Faites plusieurs essais d’ouvertures pour découvrir ce qui vous plaît. N’oubliez pas que la netteté d’une image va aussi dépendre de votre distance par rapport au plat. Pour une même ouverture, plus vous vous rapprocherez et plus les éléments d’arrière-plan paraîtront flous.

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Sur cette photographie, j’ai volontairement photographié de face mon plat avec de nombreux éléments en arrière-plan.  À gauche, la photo a été prise en f/2.5. La garniture de la pastilla est bien nette mais le reste des éléments de la scène est plongé dans le flou. Le regard est en premier attiré par la partie nette puis s’attarde sur la partie floue. Malgré ce flou, on devine le plat à tarte, le torchon, les oignons…

Sur la seconde image, j’ai augmenté la profondeur de champ en choisissant une ouverture de f/8. Bien que les éléments ne soient pas encore complètement nets, ils sont plus facilement reconnaissables. Le regard s’éparpille un peu partout dans la scène et c’est en dernier qu’il va s’intéresser finalement au sujet principal.

4- Ne pas retoucher ses photos.

La retouche, aussi appelée “post-traitement”, rentre difficilement dans les habitudes des photographes. Pourtant, c’est une étape indispensable si on veut sublimer et révéler la beauté de ses photos. Même avec le meilleur des boîtiers, les photos brutes paraissent toujours plus fades, moins nettes, moins contrastées et c’est bien normal. Ne croyez pas qu’il faille être un as de l’informatique pour retoucher ses photos. Ajouter un peu de contraste, rééquilibrer la balance des couleurs ou apporter un peu de netteté, tout cela se fait bien souvent par le biais de quelques curseurs. J’aurai l’occasion d’y revenir en détail dans un prochain article consacré à ce sujet.

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À gauche, voici la photo brute d’une part de tarte, telle qu’elle est sortie de mon boîtier. Elle manque de luminosité (le blanc du support est gris), les couleurs tirent sur le bleu, les ombres sont un peu trop prononcées. À gauche, c’est la même photo après post-traitement. J’ai ajouté de la luminosité, du contraste, j’ai corrigé la balance des blancs et des couleurs et j’ai adouci les ombres. J’ai égalment retiré la petite tâche noire qui se trouve sur la part de tarte. Cette photo est maintenant plus chaleureuse et appétissante.

5- Photographier avec un téléphone / un APN bas de gamme.

On dit souvent que ce n’est pas l’appareil photo qui fait la photo mais le photographe. Je ne suis pas complètement d’accord avec cette idée. Quand on aime la photo, on aime aussi la qualité de l’image. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faille absolument s’acheter un appareil photo haut de gamme. Cependant, il ne faut pas non plus se contenter de son téléphone portable ou d’un compact bas de gamme. Les résultats ne seront pas à la hauteur de vos espérances et vous vous sentirez frustrés.

Choisissez un appareil photo qui ne soit pas totalement automatisé. Il faut que vous puissiez choisir l’ouverture et qu’il vous permette de réaliser de jolis flous d’arrière-plan. C’est d’ailleurs un point qui revient souvent dans les questions que l’on me pose : comment fais-tu pour avoir des arrière-plans flous ? Les appareils reflex sont ce qu’il y a de mieux pour cela.

Je pense qu’en photographie culinaire, on s’attend plus que dans n’importe quel autre domaine de la photo, à voir des images de qualités. N’oubliez pas que la gourmandise passe en premier par le regard.

Alors, gardez votre téléphone pour téléphoner. 😉

6- Ne pas apporter un soin particulier à la présentation de la recette.

Cela fait partie du jeu du photographe culinaire : présenter soigneusement son plat. Imaginez-vous au restaurant. Vous trouveriez normal qu’on vous apporte un plat de pâtes négligemment servis dans une assiette, des tâches de sauce un peu partout ? Une présentation soignée est bien plus appétissante : des pâtes servies proprement, quelques brins d’herbes par-dessus, l’assiette sans tâches, les ingrédients posés méticuleusement, etc… Pour vos photos, vous devez faire de même et être rigoureux dans la présentation de votre recette. Détournez des contenants pour le service, découpez vos gâteaux pour montrer l’intérieur, ajoutez des herbes, de la fleur de sel, du sucre glace, quelques fruits découpés, etc… Nettoyez les tâches sur vos verrines, assiettes, couverts. Ajoutez de la sauce pour rendre votre plat gourmand et brillant. Bref, prêtez attention à chaque détail.

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Voici quelques exemples, ci-dessus et ci-dessous de stylisme. À gauche, il fallait que je mette en valeur une omelette. Ce n’est pas un produit simple à photographier. J’ai choisi de la présenter roulée. Puis, j’ai disposé par-dessus un peu de roquette et quelques ravioles qui font partie de l’omelette. Cela apporte un peu de verdure, une note de couleur et un indice sur la recette. Par ailleurs, j’ai également coupé l’omelette et placé la cuillère à côté pour que la scène semble plus vivante.

À droite, c’est un brownie double chocolat et fruits rouges. Cuit dans un moule à cake, il était plus gourmand de le découper en carrés pour des bouchées individuelles. En guise de décoration, j’ai opté pour quelques grappes de groseilles, toujours pour un rappel des saveurs et de la couleur.

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À gauche, c’est un plat de gnocchis à la sauge, citron et parmesan. J’ai choisi de les présenter dans un petit contenant plutôt qu’une assiette où ils se seraient sentis bien seuls et sans relief. Les petits contenants offrent en plus un effet dinette aux photographies culinaires très apprécié.

À droite, c’est un banana bread au kiwi. Pensez toujours à trancher vos gâteaux pour montrer leur intérieur.

7- Être satisfait de ses photos.

Cela doit vous arriver : vous venez de prendre des photos et vous êtes super content de vous. Cela m’arrive aussi. Cependant, les photos qui me plaisaient il y a un an, vont moins me plaire aujourd’hui. C’est normal. J’ai fait évoluer ma façon de travailler, j’ai acquis de l’expérience, mes goûts ont changé et j’ai amélioré mes compétences. Et je sais déjà que mon style actuel va encore changer.

Je vous conseille donc de ne jamais être satisfait de vous. Remettez-vous en question pour avancer, évoluer. Osez vous critiquer et cherchez ce que vous pourriez améliorer. Cette démarche n’est pas simple, elle se fait sur la durée. Reprenez, comme je le fais, d’anciennes photos : voyez ce qui vous plaît, que vous avez arrêté de faire, et ce qui ne vous plaît plus. Notez tout cela pour vos prochaines séances photos. Par exemple, je me suis rendue compte que j’avais arrêté pendant un temps de photographier en contre-jour. Depuis, j’ai recommencé et c’est un style qui ne me quitte plus dorénavant.

8- Utiliser trop de couleurs.

Une assiette bleue, une serviette verte, un fond violet, le tout pour photographier une ratatouille, ça fait beaucoup trop de couleurs sur une même scène. Le mariage n’est pas heureux et le plat complètement effacé. Soyez harmonieux dans le choix des couleurs en utilisant un camaïeu ou en apportant seulement quelques touches de couleurs par-ci par-là. Vous pouvez vous aider du cercle chromatique comme celui donné ci-dessous. Il permet de connaître quelles couleurs sont contrastées lorsqu’on les associe (couleurs opposées – comme le bleu et le orange) ou harmonieuses (couleurs voisines – comme le rouge et le violet).

L’intensité des couleurs sont aussi importantes. Plus elles sont vives, plus elles attirent le regard.
Pour éviter toutes fautes de goût, restez sobre dans vos choix de couleurs et n’en choisissez qu’une ou deux.
Et si après avoir photographié, vous trouvez finalement qu’une couleur est trop vive, vous pourrez légèrement la désaturer en post-traitement.

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Cercle chromatique qui sert à associer les couleurs entre elles. Ne vous sentez pas obligé de le suivre à la lettre.

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Voici deux manières d’apporter de la couleur à une scène. À gauche, je suis partie des graines de grenade pour choisir les couleurs de ma scène. Le bleu présente une belle complémentarité au rouge, c’est donc une serviette de cette couleur que j’ai placé sous les verrines. Le fond sur lequel est posé mon plateau, ainsi que le support, sont neutres. En revanche, j’ai fait un rappel de couleur en plaçant un fond vertical bleu. Toujours dans un soucis de coordination, j’ai placé un torchon du même rouge que la grenade.

À droite, je suis partie du rouge de la tomate. Pour la mettre en valeur, j’ai utilisé un fond neutre gris, avec un torchon et un plat à gratin de la même couleur. J’ai donné ma note colorée en plaçant ma tomate dans un petit bol à motifs rouges.

9- Mettre des petits plats dans des grands

Soyez attentif au choix du contenant qui va accueillir votre recette. Les assiettes sont un choix classique mais pas toujours judicieux.

Souvent, les grandes assiettes semblent vides et la proportion entre le contenant et le contenu n’est pas forcément bonne. Pensez plutôt aux assiettes à dessert ou aux assiettes creuses. Elles sont davantage adaptées à nos photos culinaires, donnant l’impression que l’assiette est bien remplie.
Pensez aussi aux bols, cocottes individuelles, verres, etc…
Quant aux gratins et rôtis, si vous n’avez qu’un grand plat, n’hésitez pas à cadrer de façon à couper une partie du plat.

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Pour mes plats de pâtes, je n’utilise que très rarement des grandes assiettes. Je préfère l’écrin que présente un bol ou une assiette creuse.

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J’utilise plutôt les grandes assiettes pour en faire un plat de service, comme à gauche avec des asperges ou à droite avec un plat en sauce. La quantité mise dans ces assiettes est bien trop importante pour une seule personne.

10- Ne pas prêter attention à l’arrière-plan

Lorsque vous cadrez votre recette, faites attention à ne pas inclure dans la photo votre canapé, télé ou ordinateur. Seul le support sur lequel est posée votre scène compte. L’environnement où vous vous trouvez ne doit pas faire partie de l’image.

Cependant, il y a des exceptions. Si vous avez une belle pièce à vivre, éloignée de tout élément « hors sujet », vous pouvez inclure un peu de votre intérieur sur votre photo en cadrant un coin de la table, un peu du sol et de la chaise. Cela donne des photos conviviales qui donnent envie de passer à table.

Si vous êtes gêné par ce qu’il y a en dehors de votre scène, vous pouvez placez un fond à la vertical. C’est quelque chose que je fais souvent afin de pouvoir étendre mon cadrage sans pour autant inclure le reste de ma cuisine.

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Lorsque je souhaite faire une prise de vue de mon plat de face, comme sur la photo de gauche, je place en arrière-plan une planche de médium à la verticale m’offrant un fond uni. Sans cette planche, c’est ma cafetière placée sur son étagère qui aurait été inclus dans l’image. Autrement, je me positionne face à mon support de façon à ne garder dans le cadre que les éléments de ma scène pour ne pas intégrer ma fenêtre ou ma gazinière.

Vous savez maintenant les 10 erreurs principales à ne plus commettre pour vos photos culinaires. Je vous retrouve très bientôt avec un article sur la macrophotographie, mais toujours en cuisine!

ChefNini

Sous le pseudonyme chefNini, Virginie anime depuis février 2008 un blog culinaire du même nom. Elle y propose ses créations, ses inspirations et ses conseils au travers d’articles pédagogiques.
Autodidacte et passionnée, elle décide de quitter son métier de développeur web pour se consacrer exclusivement à son blog. En septembre 2011, elle devient auto-entrepreneur pour proposer ses services de créatrice, photographe et rédactrice culinaire.
Elle est également l’auteure d’un livre sur la photo culinaire, sorti aux éditions Pearson.

Blog : www.chefnini.com
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