08.09.2015

COMMENT PHOTOGRAPHIER DES ANIMAUX (PRESQUE) SAUVAGES

08.09.2015

COMMENT PHOTOGRAPHIER DES ANIMAUX (PRESQUE) SAUVAGES

couverture

Malgré le fait que la plupart des gens vivent dans des environnements urbains, il n’est pas toujours nécessaire de voyager vers des endroits exotiques pour photographier des animaux sauvages.

Il est étonnant de voir combien d’animaux se sont adaptés à la vie dans le monde des humains de tant de manières différentes. Beaucoup se sont arrangés pour s’adapter si bien que nous ne remarquons même pas qu’ils sont là.

Les faucons pèlerins, les crécerelles, les canards colvert, les renards… pour n’en citer que quelques uns.

Si vous aimez la Nature et les animaux sauvages ainsi que la photographie, vous ne devriez alors pas manquer cette occasion. Photographier des animaux sauvages est l’une des plus belles expériences que vous pouvez avoir. Mais c’est aussi très difficile à faire.

J’ai décidé un jour de photographier une renarde, et j’ai passé plusieurs jours, après le travail, à visiter des endroits où d’autres photographes avait dit l’avoir vue. Après d’innombrables trajets, planques et heures gâchées, je me suis retrouvé face à face avec la renarde et ses petits, à trois mètres simplement de mon appareil photo.

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[photo de PAOLO MUTTI]

J’ai pris une série de photos qui m’ont vraiment réchauffé le coeur et m’ont fait oublier instantanément toutes les difficultés que j’avais rencontrées.

Voici quelques conseils que je veux vous donner qui vous faciliteront les choses, autant que faire se peut, même si je ne peux rien vous garantir. La beauté de la vie animale se trouve précisément dans son imprévisibilité.

PRÉPARATION

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[photo de I.LARES]

Je voulais placer la préparation au-dessus de tout. L’aspect fondamental souvent ignoré de ce type de photographie est que vous ne pouvez choisir de photographier un animal sauvage en particulier sans d’abord prendre le temps de connaître son comportement, ses habitudes et son caractère.

Sans les recherches nécessaires (lire des livres, regarder des films ou discuter simplement la question avec un autre passionné de la photographie de la nature, dans l’idéal plus expert que vous), vous aurez échoué avant même de commencer. Vous aurez de grandes difficultés à créer quoi que ce soit de décent, et la frustration vous forcera rapidement à abandonner le projet.

Être bien préparé ne vous aide toutefois pas seulement à identifier et comprendre le comportement d’un animal sauvage. C’est principalement essentiel parce que ces animaux peuvent disparaître rapidement et il vous faut donc une bonne compréhension du type de cliché que vous prendrez lorsque ces moments importants surviennent. Ce serait vraiment dommage de prendre une mauvaise photo à cause d’une erreur dans les paramètres de l’appareil, en ayant attendu des heures pour voir un animal en particulier.

Organisez votre sortie photographique au moins un jour à l’avance, en préparant votre sac à dos avec tout l’équipement et les accessoires dont vous avez besoin : batteries chargées, cartes mémoire, sans oublier un vêtement supplémentaire. Ne tombez pas dans le piège de tout emporter car il vous faudra peut-être marcher longtemps pour arriver à votre cachette de photographe.

CHOIX DE L’OBJECTIF

Photographiant la nature, vous ne pouvez vous retrouver sans un téléobjectif dans votre équipement. Pour ce type de photographie, la longueur focale ne peut jamais être trop courte, particulièrement si vous voulez photographier des animaux sauvages, et il vous faudra au bas mot un objectif de 300 mm.

Beaucoup de gens me demandent si un objectif zoom tel qu’un 70–300 mm ou un 18–200 mm fera l’affaire. Personnellement je ne les recommande pas, à cause de l’étendue excessive de zoom. Les objectifs à longueur focale fixe sont les meilleurs et ils fonctionnent bien aussi avec un multiplicateur de focale (x 1,4) vous permettant de multiplier la longueur focale.

CHOIX DE L’APPAREIL PHOTO

Cela veut dire un Reflex, même si les appareils SANS MIROIR fonctionnent aussi bien. L’important est qu’il ait un capteur APS-C. Ce type de capteur le plus communément trouvé vous permet de bénéficier d’un facteur de grossissement accru, ce qui donne des résultats excellents pour la photographie de la nature.

TRÉPIED OU MONOPODE

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Si vous utilisez, comme c’est probable, un téléobjectif, vous aurez alors sûrement à gérer les flous microscopiques et les vibrations causés par votre appareil photo et par vous au moment précis où vous prenez la photo. Ces vibrations sont accrues lorsque le cliché est pris avec un téléobjectif, comme lorsque vous regardez dans des jumelles et qu’il semble que tout tremble.

Pour résoudre ce problème, vous pouvez utiliser la technologie de stabilisation de l’image trouvée sur votre appareil ou sur l’objectif lui-même, ou vous pouvez choisir la solution plus traditionnelle et plus efficace d’utiliser un trépied ou un monopode. Manfrotto®, une marque de pointe dans ce domaine, propose une vaste gamme de produits adaptés à la photographie dans la nature. Je recommande personnellement la série 055 ou 190. Ce sont de loin les meilleures, fournissant le compromis idéal en termes de poids, de portabilité et d’aspect pratique.

LA MÉTÉO

Parfois, vous organisez tout de manière parfaite, mais vous ouvrez la porte et vous voyez la pluie tomber. Ne perdez pas espoir. Les animaux trouvent plus difficile de se déplacer quand il pleut, et si vous voulez photographier des oiseaux, le vent est votre allié car il est plus difficile pour eux de voler dans de telles conditions et ils se laissent plus facilement photographier du moment que vous n’approchez pas trop près. Si vous êtes soucieux d’endommager votre équipement, vous pouvez trouver en ligne de nombreux accessoires fournissant une protection contre la pluie. Le simple fait d’enrouler un simple sac en plastique autour des objets peut suffire.

CONDITIONS LUMINEUSES

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Comme pour tous les genres de photographie, l’éclairage est l’élément le plus important que vous devez considérer. Le lever et le coucher du soleil sont rois et il semble que tout tourne autour de ces deux moments du jour.

Les animaux sauvages ont aussi tendance à être plus actifs à ces moments de la journée, souvent à la recherche de nourriture. C’est un autre aspect qui est absolument fondamental : vous ne pouvez pratiquer la photographie de la nature si vous sortez à 10 heures du matin.

De plus, d’un point de vue purement créatif, les scènes prises au lever ou au coucher du soleil ne sont-elles de toute façon pas plus belles ?

EN PRATIQUE

Dans la photographie traditionnelle, comme nous pouvons l’appeler, la composition peut être la différence entre le succès et l’échec. La photographie d’animaux sauvages ne fait pas exception.

LA RÈGLE DES TIERS

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Lorsque vous photographiez des animaux sauvages, vous devez garder à l’esprit qu’il y a très peu de moments idéaux pour prendre le cliché. Vous n’aurez que très rarement la chance de créer des compositions sophistiquées, et je recommande donc que vous respectiez la règle simple mais efficace des tiers.

L’astuce pour obtenir des photos décentes en utilisant la règle des tiers est de consacrer la plus grande partie de la composition, en général les 2/3, à la direction dans laquelle l’animal se déplace ou vers laquelle il regarde. Cela rend votre composition plus dynamique et vous donne plus d’espace pour positionner les éléments au sein de votre image.

CHANGER LA PERSPECTIVE

Nos cerveaux s’habituent aux choses répétitives et, au fil du temps, nous ne les considérons plus comme intéressantes. Les photos ne font pas exception au niveau de ce processus mental, et il est donc totalement normal si les images toujours prises du même point de vue finissent par paraître inintéressantes.

Lorsque vous photographiez des animaux sur le sol, ne restez pas debout car c’est le même point de vue que quiconque aurait. Essayez plutôt de tenir l’appareil presque au niveau du sol. Si vous utilisez un trépied, écartez les pieds ou diminuez l’extension du tube pour que l’appareil ne soit qu’à 30 cm au-dessus du sol. De ce point de vue, même si le sujet est le même, la photo devient immédiatement plus intéressante pour le spectateur.

FAITES ATTENTION AUX YEUX

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[Photo de DANIELE PACCALONI]

Une règle fondamentale lorsque vous prenez une photographie de portrait, est de vous assurer que les yeux du sujet sont nets. Photographier un animal sauvage n’est pas différent. Lorsque vous photographiez un animal, assurez-vous que la longueur de focale rende les yeux nets, sans un léger flou.

MODE DE L’APPAREIL PHOTO

Pour la photographie d’animaux sauvages, vous pourriez penser que le meilleur mode de l’appareil photo pour gérer des sujets furtifs est la priorité de l’obturateur. En fait, ce n’est pas le cas. Le mode d’appareil photo que je vous recommande est la priorité d’ouverture.

Avec ce mode, vous pouvez fixer l’ouverture au maximum (par exemple f/4) et cela garantit que l’appareil fixera la vitesse d’obturation la plus rapide possible en fonction des conditions lumineuses, sur la base du nombre d’ISO choisi.

ET SI LA VITESSE D’OBTURATION EST ENCORE TROP LENTE ?

Si vous avez ouvert au maximum l’ouverture mais que la vitesse d’obturation est encore trop lente, il vous suffit d’augmenter le nombre d’ISO sur votre appareil. Êtes-vous inquiet que ce type de bruit numérique puisse gâcher l’image ? Vous avez raison. Il s’agit d’un effet secondaire possible, mais je peux vous garantir qu’il vaut mieux avoir un peu de bruit numérique à éliminer au cours de la post-production qu’une image irrémédiablement floue.

PERSÉVÉRANCE

Vous rencontrerez des amis qui arrivent à saisir la créature recherchée à leur premier essai alors que vous avez peut-être passé des jours dans une cachette sans succès. Ne laissez pas cela vous abattre, ce n’est que de la chance et vous n’avez aucun contrôle sur ce point. Vous devez baser votre travail sur la persévérance. Si vous arrivez à la maîtriser, la persévérance est une qualité qui vous permettra d’obtenir des succès beaucoup plus grands au fil du temps. C’est garanti !

OÙ ALLER

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[Photo de DANIELE PACCALONI]

Au début, je dirais que vous n’avez pas besoin de voyager vers des lieux exotiques pour trouver des animaux sauvages et même rares. C’est tout simplement un fait.

Les parcs publics sont d’excellents endroits où trouver d’étonnantes espèces animales. Si vous commencez à vous intéresser à l’ornithologie, vous découvrirez vite que le parc dans lequel vous passez vos pauses déjeuner est visité par de nombreuses espèces rares.

Lacs : si vous vivez dans une zone densément peuplée contenant toutefois des lacs artificiels plutôt petits, il n’est pas rare de trouver des animaux intéressants dans l’eau ou près de celle-ci.

VOTRE JARDIN

Si vous avez la chance d’avoir un jardin, créez et installez des choses qui attireront les animaux sauvages. Une mangeoire remplie d’une nourriture adéquate (faites vos recherches, une nourriture non adéquate peut provoquer la mort) est un aimant pour les animaux et ils deviendront rapidement des visiteurs réguliers, particulièrement en hiver. Si vous décidez de faire cela en hiver, vous devez être prêt à continuer durant toute la saison, jusqu’au printemps. Si vous interrompez l’apport de nourriture au milieu de l’hiver, vous risquez de condamner à mort les animaux visitant régulièrement votre jardin.

Alessio Furlan

Photographe freelance, enseignant en photographie, auteur et blogger.

Site Web : www.alessiofurlan.com
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